Terres Rares : criticité pour l’économie française

Depuis 2010, le BRGM réalise pour le compte du Comité des métaux stratégiques (COMES) des monographies relatives à des métaux potentiellement stratégiques pour l'économie française.
21 décembre 2015

Le panorama 2014 du marché des Terres Rares est maintenant disponible.

Les Terres Rares sont un ensemble de 16 à 17 éléments métalliques du tableau de Mendeleïev, caractérisés par des propriétés chimiques très voisines. Cet ensemble comprend les 15 éléments du groupe des lanthanides : lanthane (La), cérium (Ce), praséodyme (Pr), néodyme (Nd), prométhium (Pm), samarium (Sm), europium (Eu), gadolinium (Gd), terbium (Tb), dysprosium (Dy), holmium (Ho), erbium (Er), thulium (Tm), ytterbium (Yb) et lutétium (Lu). Et l’yttrium (Y), de numéro atomique 39, qui n’est pas un lanthanide, mais leur est associé dans les différents gisements du fait de propriétés atomiques et chimiques très proches. Chacun de ces éléments correspond à des applications, et donc des marchés distincts.

La popularité récente des Terres Rares est due à deux facteurs : d’une part, la diversification et l’expansion de leurs usages depuis les années 1960, ayant permis l’essor de nombreuses filières technologiques (miniaturisation des aimants permanents, perfectionnement des lasers, lampes basse consommation, etc.); d’autre part, la crise de l’offre des années 2010-2011, liée à une réduction des approvisionnements issus du premier producteur mondial, la Chine, et la bulle spéculative qui a suivi.

Ce panorama passe en revue l’état des connaissances sur ces éléments et leurs marchés.

La criticité des Terres Rares pour l’économie française tient à leur importance dans de nombreux secteurs industriels (automobile, aéronautique, défense, électronique, télécommunications, énergies renouvelables) ainsi qu’à leur disponibilité. La demande générale en Terres Rares devrait continuer à croitre de 5 à 6 %/an, tirée par certains secteurs, et en particulier celui des aimants permanents, qui concerne essentiellement certains éléments de Terres Rares : néodyme et dysprosium, et dans une moindre mesure, praséodyme et terbium.

Concernant l’offre, les travaux d'exploration menés dans le monde entier en 2010-2012 ont permis de montrer que bien des gisements potentiels de Terres Rares existent hors de Chine. Cependant, de nombreuses contraintes pèsent sur leur développement (chute des prix généralisée depuis 2012, enrichissement en Terres Rares légères par rapport aux Terres Rares lourdes, difficulté de la maitrise des technologies de métallurgie séparative, etc.). Les capacités de production minière, métallurgique et industrielle (produits semi-finis) sont aujourd’hui très concentrées en Asie, et particulièrement en Chine. A court terme, peu de facteurs semblent pouvoir inverser la situation actuelle de dépendance des pays européens.