Carotte de sondage d'exploration - Ity, Côte d'Ivoire © P. Urien

Minerais et métaux

Bien que la production ait cessé en France métropolitaine depuis 2004,  le potentiel minier reste diversifié. La production nationale a été dominée, hormis l’or et l’uranium, par un certain nombre de métaux tels que le fer, l’aluminium, le plomb et le zinc, l’antimoine, le tungstène et l’étain. Le ministère en charge des mines - actuellement le ministère de l'économie, de l'industrie et du numérique -  oriente sa politique matières premières minérales en faveur de la reprise de l’exploration afin de sécuriser les approvisionnements, notamment en métaux stratégiques.

Les métaux : utilisations, besoins, productions, transformations et consommations en évolution permanente

L’ère industrielle a accéléré et diversifié l’utilisation des métaux dans tous les domaines de l’activité humaine. La consommation ne cesse d’augmenter créant des tensions sur les approvisionnements et les prix des ressources minérales métalliques désormais indispensables à la haute technologie et au développement des systèmes d’énergies alternatives.

Contrairement aux ressources naturelles agricoles, l’exploitation des ressources minérales est directement dépendante de la géologie qui détermine la répartition géographique des concentrations naturelles en métaux et les acteurs de la production primaire. L’évolution démographique des sociétés et le développement industriel ainsi que les équilibres économiques et politiques des pays gouvernent la localisation des bassins de consommation et les niveaux de besoin des industries et des populations.

Les métaux se différencient par leurs propriétés physico-chimiques, électriques et magnétiques. On distingue alors les métaux alcalins, les alcalino-terreux, les métaux de transition, les métaux pauvres et les alliages. Sur des critères métallurgiques et/ou économiques, on peut différencier les groupes suivants (certains métaux appartiennent à plusieurs groupes ; liste de métaux non exhaustive) :

  • Métaux de base ferreux et non ferreux : fer, manganèse, chrome, aluminium, cuivre, plomb, zinc, étain, magnésium, titane, nickel ;
  • Métaux d’alliage : cobalt, aluminium, cuivre, zinc, fer, titane, nickel, manganèse, silicium, chrome, bore, étain, magnésium ;
  • Métaux précieux : or, argent, platine, palladium et rhodium ;
  • Métaux spéciaux ou high-tech ;
  • Petits métaux ou métaux rares ;
  • Métaux stratégiques ou métaux critiques.

Les petits métaux sont vitaux pour les produits de l'indutrie de pointe et leur approvisionnement est la clé de la compétitivité de fabrication de ces produits. Aussi appelés métaux rares, leur production est inférieures à 200 000 t. Il s'agit d'une cinquantaine d'éléments dont le lithium, cobalt, cérium, platine, palladium, niobium, tantale, rhénium, gallium, germanium, sélénium, indium, et le tellure, par exemple. Ces éléments sont principalement des sous-produits de l'industrie minière ou métallurgique.

Les métaux stratégiques constituent un groupe récemment défini sur des critères économiques. Il s'agit de substances dont un pays est très dépendant du point de vue de leur importance dans une ou plusieurs filières économiques ainsi que les risques pesant sur leurs approvisionnements. La liste de ces métaux publiée par la Commission européenne est régulièrement mise à jour. Elle inclut le béryllium, l'antimoine, chrome, cobalt, platine, palladium, germanium, gallium, molybdène, graphite, titane, tungstène et les terres rares, pour n'en citer que quelques uns.

Les ressources françaises

Le territoire français de métropole et d’outre-mer recèle des ressources en matières premières métalliques à la fois en métaux de base et précieux tels que le cuivre, zinc, plomb, nickel, chrome, or, argent, et aussi des métaux stratégiques : antimoine, béryllium, germanium,  graphite, magnésium, terres rares, niobium et tantale, par exemple.

L'inventaire minier national (1975-1992) a conduit à identifier deux mille nouveaux indices. Après des travaux complémentaires, cent trois nouveaux sujets ont été proposés à la profession minière sur cette période dont 19 concernant de l'or. Soixante et un ont fait par la suite l’objet d’attribution de permis exclusifs de recherche (PER), permis accordés à une douzaine d’opérateurs miniers. Une note de synthèse (1995) conclut que « les indices n'ayant pas donné lieu à une présentation restent susceptibles de renfermer des minéralisations intéressantes. Leur mise à l'écart avait été rendue nécessaire par le caractère ponctuel et coûteux de la prospection en aval, reposant principalement sur des sondages. Il est tout à fait possible que le tri effectué soit à reprendre, notamment en fonction d'idées nouvelles ou de modifications de l'environnement économique ».

 

Voir aussi : les ressources des fonds marins de la zone économique exclusive française et les territoires d'explorations françaises hors zone économique exclusive.

Une nouvelle politique pour les ressources minières en France

Le ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique est en charge des mines et de la politique sur des matières premières qui mobilise les administrations placées sous son autorité et d’autres départements ministériels. Deux instances ont été créées en 2011 et 2013, respectivement le Comité pour les métaux stratégiques (COMES) et le Comité stratégique de filière des industries extractives et premières transformations (CSF IEPT).

Les métaux font l'objet d'une politique dédiée à deux exigences :

  • La sécurité des approvisionnements traditionnels, par la relance de l'exploration du sous-sol, y compris des fonds marins ;
  • La promotion d’une « écologie du métal » afin de développer une industrie du recyclage des métaux efficiente, de consacrer l'éco-conception et de rechercher des matériaux de substitution afin de mettre en œuvre une production durable et une consommation soutenable.

En 2012, le ministère en charge des mines a mandaté le BRGM pour entreprendre la réexploitation des connaissances acquises lors de l’inventaire minier national (1975-1992) avec des données plus récentes pour faire émerger et promouvoir des cibles nouvelles qui n’auraient pas retenu l’attention des opérateurs.

Dernière mise à jour le 05.11.2014