Les minéralisations des grands fonds © IFREMER - Yves Fouquet

Les ressources minérales métalliques dans la ZEE française

Grâce à l'Outre-Mer, avec onze millions de kilomètres carrés de Zone Économique Exclusive, la France dispose du deuxième espace maritime mondial. Cet immense espace maritime, réparti dans tous les océans, dote la France d'un potentiel de ressources minérales très varié.

La Zone Économique Exclusive un atout pour la France

Les minéralisations des grands fondsGrâce à l'Outre-Mer, avec onze millions de kilomètres carrés de Zone Économique Exclusive, la France dispose du deuxième espace maritime mondial, après celui des États-Unis. Cet immense espace maritime, réparti dans tous les océans, dote également la France d’une grande richesse en matière de biodiversité marine, ce qui constitue à la fois un atout et une responsabilité. Les Zones Economiques Françaises recèlent un potentiel de ressources minérales pour lequel l'inventaire reste, pour l'essentiel, à réaliser. Par exemple, la Polynésie française possède les encroûtements cobaltifères parmi les plus riches actuellement connus dans les océans.

Dans le cadre du programme EXTRAPLAC, la France revendique auprès de la commission du plateau continental de l'ONU une extension du plateau continental de sa ZEE pour une surface totale estimée à 2,5 millions de km². En faisant ainsi acte de souveraineté sur des surfaces supplémentaires, la France a l'opportunité d'y mettre en oeuvre, si elle le souhaite, le modèle de développement de l'exploration et de l'exploitation des ressources qu'elle estimé pertinent.

Du point de vue des ressources minérales potentielles, les zones marines d’Outre-mer peuvent être divisées en quatre domaines principaux : les marges continentales, les îles et rides volcaniques actives ou récentes, les anciens volcans et atolls immergés, les plaines abyssales.

Rides océaniques et volcans actifs ou récents : minéralisations hydrothermales

Dans ces environnements, la majorité des minéralisations présentes seront associées à des processus de circulations hydrothermales. A l’heure actuelle, les sulfures polymétalliques précipitant sur le plancher océanique constituent la ressource potentielle la plus intéressante de ces zones. Les zones les plus favorables seront situées à plus de 1000 m de profondeur. En effet, au-dessus de cette limite, le phénomène de séparation de phase se produira en sub-surface provoquant la précipitation des sulfures sous le plancher océanique. Les minéralisations sur le plancher océanique seront alors essentiellement constituées de sulfates, silice et oxyhydroxydes de fer et manganèse de faible intérêt métallogénique.

Ces environnements propices aux minéralisations hydrothermales se retrouvent principalement dans la ZEE française autour des iles de Wallis et Futuna, de Saint Paul et Amsterdam, des ilots de Hunter et Matthews, et des Antilles. Dans ces environnements, les minéralisations potentiellement présentes sont associées aux sorties de fluides hydrothermaux. Du fait que les fluides les plus salés et les plus chauds ont les plus fortes capacités à transporter les métaux, la  pression, et donc la profondeur, jouent un rôle central sur la température à laquelle les fluides sont émis sur le plancher océanique. Les zones les plus favorables à la formation des sulfures polymétalliques sont les zones situées à plus de 1000 m de profondeur. Les zones moins profondes se caractérisent généralement par des dépôts d’oxydes de fer. C’est le cas pour Wallis et Futuna, les îlots de Hunter et Matthews (Nouvelle Calédonie), les îles Saint Paul et Amsterdam, l’archipel des Crozet, les îles Kerguelen, Mayotte, les Antilles, la Polynésie française.

Volcans anciens et atolls immergés : encroûtement cobaltifères

Les minéralisations connues ou potentielles dans ces environnements sont les encroûtements enrichis en cobalt et/ou platine et les formations de sédiments enrichis en phosphates dans les anciens lagons. Ce type d’environnement se retrouve au niveau de la ZEE française de la Polynésie française, des îles Kerguelen, de Mayotte et des îles Eparses.Ces environnements se situent en général loin des continents dans des zones où les taux de sédimentation sont très faibles. Les minéralisations connues ou potentielles dans ces environnements sont les encroûtements enrichis en cobalt et/ou platine et les formations de sédiments enrichis en phosphates dans les anciens lagons. C’est le cas pour l’archipel des Tuamotu (Polynésie française), les îles Kerguelen, Mayotte et les îles Eparses.

Plaines abyssales : nodules

Dans ces environnements très profonds (> 5000m) ou le taux de sédimentation est extrêmement faible se forment les nodules polymétalliques. Les zones connues dans les ZEE d’Outre-Mer se trouvent à l’ouest de la Polynésie, autour des îles Eparses et au nord de l’île de Clipperton. Toutefois, les nodules présents ont des teneurs faibles en métaux de base (Co, Ni, Cu) et ne présentent pas, au vu des connaissances actuelles, un fort intérêt métallogénique.

Les faibles taux de sédimentation ainsi que les grandes profondeurs induisant la dissolution des carbonates dans les plaines abyssales sont les lieux privilégiés pour la formation des nodules polymétalliques. Dans les ZEE d’Outre-Mer français, des nodules enrichis en cobalt sont connus à l’ouest de la Polynésie et des nodules polymétalliques ont été dragués au nord de l’île de Clipperton.

Marges continentales : Placers littoraux et hydrates

Minéralisations connues et potentielles dans les ZEE françaisesPrès de Terre Neuve, des placers littoraux riches en chromite ont été signalés. Au sud de la Guyane, le Brésil a terminé en 2007 une carte d’inventaire des indices minéralisés et du potentiel des eaux brésilienne en ressources minérales. Ces données sont qui font apparaître des concentrations anormales en scandium, vanadium, titane et zirconium. Malgré l’absence de travaux dans la ZEE guyanaise, on peut penser que le potentiel devrait être assez proche de celui de la zone brésilienne voisine.

Les impacts environnementaux : l'état des connaissances

Les ressources minérales sous-marines sont associées à des environnements et des écosystèmes dont certains sont identifiés comme des milieux exceptionnels de biodiversité au plan mondial.

Compte tenu de ces enjeux croissants, le ministère chargé de l’Écologie (CGDD/DRI) et le ministère chargé de la Recherche ont confié au CNRS et à l'Ifremer la conduite d’une expertise scientifique collective sur les impacts environnementaux de l’exploration et de l’exploitation des ressources minérales profondes.

Cette expertise scientifique collective établit une synthèse des connaissances scientifiques disponibles sur le sujet au plan international, et identifie les verrous scientifiques et les activités de recherche et de développement à engager pour les lever.

Les résultats de l’expertise ont été présentés aux parties prenantes au cours d’un colloque le 19 juin 2014 au CNRS, à Paris.

Télécharger le rapport complet, la synthèse scientifique et le résumé exécutif.

Les ressources minérales profondes en Polynésie française

La Polynésie se caractérise par une immense Zone Economique Exclusive qui représente la moitié de la zone maritime française. L'Etat et le gouvernement de la Polynésie française ont confié à l'IRD la réalisation d'une expertise collégiale pour dresser l'état des lieux des connaissances scientifiques sur les minéralisations sous-marines de la Polynésie française et évaluer l'opportunité de développer une filière de valorisation et les modalités de leur gouvernance.

Les résultats de cette expertise collégiale ont été présentés le 6 mai 2016 à Papeete et le 3 juin 2016 à Paris.

https://www.ird.fr/les-partenariats/expertise-et-consultance/l-expertise-collegiale/liste-des-expertises-collegiales

Dernière mise à jour le 12.09.2016