Le séminaire du Comes du 30 novembre sur la compétition entre secteurs industriels pour l'accès aux matières premières et sur les besoins en métaux pour les réseaux d'infrastructure

Publié le 06/12/2018
Dernière modification le 23/01/2019
08/12/2018

Le 1er volet du dernier séminaire du Comité pour les métaux stratégiques (COMES) s'est intéressé à l'existence d'une possible compétition entre secteurs industriels pour l'accès aux matières premières. Traditionnellement, il est plus souvent question de compétition entre pays ou bien entre acteurs industriels, la compétition entre secteurs est rarement examinée. Le BRGM a étudié les évolutions de marché d'ici à 2025 de 14 substances (tantale, tungstène, cuivre, cobalt, lithium, antimoine, vanadium, néodyme et dysprosium, platine, palladium, niobium, chrome, titane et indium). Cette présentation a été complétée par une évaluation des besoins en cuivre sollicités par différents scénarii sur le long terme ; l'IFPEN dans le cadre du projet GENERATE, a modélisé les impacts de ces scenarri sur la consommation de la ressource en cuivre. Le 2ème volet du séminaire s'est penché sur les besoins en métaux des infrastructures de réseau et les démarches d'éco-conception mises en oeuvre par Rte et Sncf Réseau.

 

Les publications sur l'électromobilité et les besoins matières premières associés sont foisonnants. L'objectif des travaux menés par le BRGM, à la demande du Comes et financés dans le cadre d'une convention BRGM - MTES, était de s'extraire de l'effet réverbère. Si toute l'attention est portée sur les secteurs industriels impliqués dans l'électromobilité, il est plus difficile de trouver des informations sur l'impact des consommations émergentes de matières de ce secteur sur les secteurs industriels pré-existants. Le choix des métaux étudiés s'est basé sur l'avis d'experts de l'Ademe, du BRGM, du CEA, de la DGALN et de Patrice Christmann. Ces 14 substances figurent parmi les plus critiques pour l'économie française. Il résulte de ces travaux que l'émergence de l'électromobilité est en train de profondément modifier les structures de marché de certains métaux (lithium et cobalt) et pourraient impacter d'autres métaux au delà de 2025 (cuivre, terres rares, palladium) en fonction de la vitesse de déploiement et de l'avènement de certaines technologies. Pour le lithium et le cobalt, le secteur de l'électromobilité aspire l'essentiel des nouveaux projets miniers et réoriente certains flux initialement dédiés à d'autres secteurs industriels. Dès lors qu'il devient possible de retirer davantage de valeur ajoutée pour les producteurs de matières premières, le secteur industriel à plus forte valeur ajoutée reçoit les principaux flux. Il existe alors un risque de rupture d'approvisionnement pour les secteurs industriels qui utilisent des produits intermédiaires de métaux à plus faible valeur ajoutée que l'électromobilité.

 

Pour d'autres métaux les effets de l'électromobilité et plus largement de la transition énergétique seront prégnants au delà de 2025. Pour le cuivre, c'est environ 5Mt/an qui devront être ajoutées à la production annuelle mondiale, ce qui représente la moitié de la production actuelle du Chili. Pour le platine et le palladium, le développement de la pile à combustible pourrait impacter le marché en fonction de son déploiement. Enfin pour le vanadium, les pilotes industriels de stockage stationnaire déployés en Chine constituent un fort potentiel d'augmentation de la demande si la démonstration est confirmée. A titre d'illustration 10 kt devraient être utilisées pour un projet de stockage de 200 MW / 800MWh dans la province de Liaoning (pour une consommation annuelle mondiale de 80 kt de vanadium par an).

 

Les résultats préliminaires des travaux de modélisation de l'IFPEN sur le cuivre montrent qu'avec un niveau de contrainte faible sur la sollicitation de la ressource en cuivre, la ressource physique serait suffisante pour répondre aux besoins de la transition énergétique. Ce constat ne doit pas faire oublier la compétition pour l'accés aux ressources qui ne peut que s'amplifier. Il conviendra également de tenir compte des contraintes accrues sur la production minière (l'énergie, l'approvisionement en eau, l'acceptabilité sociale, la réduction des émissions en CO2, etc.).

L'étude s'intéresse également aux leviers des politiques publiques et leurs effets positifs et négatifs sur la consommation en cuivre.

 

Le 2ème volet, avec les interventions de Rte et de Sncf réseau, a porté sur leur besoins en métaux et les possibles opportunités de gisements secondaires liées aux opérations de maintenance et de renouvellement. Ces deux entreprises développent des démarches d'éco-conception et de gestion des matériels déclassés qui sont de plus en plus prises en compte par les départements des achats.

 

Les enjeux liés à la digitalisation des réseaux sont bien identifiés et vont faire l'objet de prochains travaux du Comité des métaux stratégiques.

 

 

 

Dernière mise à jour le 23.01.2019