Roches ornementales et de construction : Le BRGM publie un « mémento » présentant l’état des lieux et la prospective

30/01/2015
Carrière de calcaire de comblanchien - Les rocherons (21) - ROCAMAT - Avril 2014

Sous le pilotage de la direction de l’eau et de la biodiversité (DEB) de la direction générale du logement de l’aménagement et de la nature (DGALN), le BRGM dresse un état des lieux et la prospective de la filière d’extraction et de première transformation des roches ornementales et de construction en France.

Ce document a été élaboré avec le syndicat national des roches ornementales et de construction (SNROC) et le centre technique des matériaux naturels de construction (CTMNC).

Il dresse un inventaire des carrières en activité, décrit la situation économique en 2012 et de son évolution ces dix dernières années puis présente des éléments de prospective.

Résumé :

Mémento sur l'industrie française des roches ornementales et de construction – Octobre 2014

BRGM/RP-62417-FR

La filière française des roches ornementales et de construction constitue 4 % du marché du bâtiment. Cette filière a connu en dix ans un certain nombre de difficultés accentué par la crise que traverse le secteur du bâtiment depuis quelques années. Après une période de croissance régulière entre 2001 et 2007, qui a surtout profité aux importations de produits finis principalement dans le secteur de la voirie et celui du funéraire (+ 135 M€), le marché s’est contracté entre 2007 et 2012, retrouvant sa valeur de 2007 après une forte chute de la production française de 107 M€. Cette baisse d’activité a touché toute la chaine de production de produits finis mais surtout l’extraction. Sur la période 2001-2012, la filière a accusé un repli global de prés de 14,7%, lequel a eu des effets significatifs tant sur le nombre d’entreprise (-13,3%) que sur le nombre de collaborateurs (-29,9%). A ce jour, cette filière est marquée par plusieurs facteurs structurels :

  • Une extraction de 458 000 m3 de pierre, hétérogène au sein de grandes familles (granits, pierres calcaires, marbres, grés, laves et ardoises), qui du fait de la géologie est fortement régionalisée avec une prépondérance des deux premières familles. Elles représentent, à elles seules, 97% des volumes extraits et 90% du chiffre d’affaire (CA) généré par l’ensemble de la filière ;
  • Des secteurs d’utilisation bien distincts permettant à quelques entreprises de la filière de diversifier leurs offres. Même si en 2012, le secteur du bâtiment reste le principal débouché des roches ornementales et de construction (44% du CA de la filière), la crise du marché de la construction depuis 2009 fait du funéraire un marché encore important (37,3%), en dépit de sa perte de vitesse ;
  • Un tissu de petites - voire de très petites - entreprises, que la concurrence des produits finis asiatiques à bas coût, fragilise un peu plus. En outre, cette filière a à faire face à une consommation intérieure parmi les plus faibles des pays industrialisés, plaçant la France au 16ème rang mondial des utilisateurs de pierre avec une consommation annuelle par habitant de l’ordre de 0,5 m2 de pierre.

La filière des roches ornementales et de construction s’efforce de regagner des parts de marché dans le bâtiment et les travaux publics. Elle s’adapte aux nouvelles tendances constructives, développe et met à disposition des prescripteurs des outils d’aide à la décision pour dimensionner les ouvrages ou/et renforcer l’efficacité énergétique des bâtiments. La lutte contre l’importation de pierres de qualité incertaine passe par la reconnaissance de l’origine géographique des produits. La détermination de l’origine des produits («carte ADN de la pierre») et la protection de celle-ci (IGP) sont deux des moyens pour faire reconnaître la qualité particulière des produits français et leur durabilité.

Dernière mise à jour le 26.02.2015